Les ateliers Sciences Po au lycée Blaise Cendrars : qu'en pensent les anciens élèves ?
Témoignage de Yanis AISSAOUI, admis à Sciences Po en juillet 2014
Tout d’abord, laissez-moi adresser encore une fois mes remerciements aux trois professeurs m’ayant poussé à faire ces ateliers et aidé à préparer mon dossier : Mr Sinet, Mr Bouvet et Mr Visser. Ceci étant fait, laissez-moi à présent vous adresser quelques conseils : ayez confiance en vous, et surtout, accrochez-vous !
Profitez également de cette année pour lire les journaux, et pour gagner en aisance à l’oral (parlez-vous à vous-même dans un miroir par exemple :) ). Les ateliers de préparation à Sciences-Po sont très enrichissants, ils vous feront progresser dans bien des domaines (l’écriture, l’esprit de synthèse, la culture générale…) et vous offriront une approche des choses moins scolaire. Cela dit, ces ateliers demandent un véritable investissement tout au long de l’année, mais la récompense à la clé n’est pas des moindres. Croyez-moi, vous allez en connaître des moments de doutes, de découragement, des nuits courtes - blanches - et des moments de stress. Mais, en même temps, vous allez apprendre à travailler, à être plus autonome et rigoureux : quoi qu’il arrive, ces qualités sont essentielles dans le supérieur, quelle que soit la filière où vous irez.
A titre personnel, j’ai assisté en classe de première à ces ateliers par hasard, par curiosité. Mon but premier n’était pas de faire Sciences-Po. Je voulais devenir ingénieur, pour vous dire ! Mais je peux vous assurer que ces ateliers vous apporteront beaucoup, et que vous avez là une chance unique d’entrer dans une école prestigieuse, où vous étudierez plein de disciplines et où vous pourrez profiter pleinement de votre vie étudiante : saisissiez cette chance, elle n’est pas offerte à tout le monde. Enfin, n’hésitez pas à visiter Sciences-Po : la découverte de l’école est une chose très motivante. Je vous souhaite de dénicher un bon sujet pour votre revue de presse et de tout déchirer à vos oraux. Et surtout n’oubliez pas : accrochez-vous, toute l’année, vraiment (autant pour Sciences-Po que pour votre dossier scolaire et pour le bac). Bon courage, et peut-être à l’année prochaine !
Témoignage de Johanna VAL, admise à Sciences Po en juillet 2011
Les ateliers Sciences-Po… Que de souvenirs ! Non plus sérieusement, ces ateliers sont très intéressants parce que ce n’est pas du tout le même fonctionnement qu’un cours habituel. On est indépendant et autonome mais on reste à la fois assez encadré. Personnellement, j’ai trouvé ces ateliers très instructifs et même si je n’avais pas été admise par la suite, mon discours aurait été le même. On apprend la persévérance (vous verrez que recommencer 5 fois la rédaction du même texte, ce n’est pas ce qu’il y a de plus passionnant…), on se cultive et on apprend à aimer à lire les journaux (du moins ce fut mon cas). Les ateliers consistent à nous donner des clés et une aide pour la rédaction de notre dossier (soit une revue de presse et une note de réflexion personnelle) dans l’optique de le présenter à l’oral d’admissibilité et puis je l’espère pour vous devant « le grand jury de Sciences Po ». Je ne vais pas trop détailler, car je pense qu’on vous l’expliquera tout cela en temps et en heure.
Cependant je tiens à vous donner deux conseils qui pour moi sont très importants. Premièrement, n’effectuez pas vos recherches uniquement pendant les ateliers ! Travaillez chez vous, les ateliers ne représente que 30% du temps que vous devez consacrer à votre dossier. Et un autre conseil : ne vous y prenez pas à la dernière minute ! C’est ainsi qu’on bâcle des dossiers, que l’on stresse davantage à l’oral et qu’on perd ses moyens ! Ce qui risque d’être éliminatoire.
Donc aux nouveaux candidats je vous dis bonne chance, bon courage (vous en aurez besoin…) et surtout je vous souhaite de dénicher les bons sujets !
Témoignage d'Emilie CHAN, admise à Sciences Po en juillet 2011
Atelier Sciences Po ?! Mais c’est quoi ce mot barbare ? C’est un club fermé ? Un cours de Sciences ? Ce genre des questions, je me les suis posées. Au départ on est nourris de questionnements sur la nature de cet « atelier ». Par curiosité, on va y jeter un coup d’œil. Et nous voilà là. On y est.
Les mercredis sur deux s’enchaînent sans qu’on les voie passer, et plus le temps avance, plus les choses deviennent sérieuses. Pourtant au début on n’y croit pas vraiment, à vrai dire on s’est retrouvés là un peu par hasard : parce qu’un prof nous l’a conseillé, parce qu’un ami nous a incité, parce qu’on nous a mis sur le chemin du CDI au moment où il y avait la première séance. Mais bon comme on dit « Le hasard fait bien les choses » ; et maintenant je sais combien c’est vrai. Les ateliers Sciences Po, même si je ne savais pas par moments pas pourquoi j’y participais, eh bah j’y allais quand même ; comme si c’était de mon devoir d’y aller. Je suis sûre qu’à cette période où les ateliers ne font que commencer, beaucoup d’élèves comme moi y participent sans grande conviction, sans savoir ce qu’ils font là. A ceux-là je veux leur dire que plus tard, avec du recul, ils sauront ce pourquoi ils étaient là.
Et pourquoi donc alors ? Ce que j’vais dire va faire très très écervelé, mais c’est pas grave ! Je le pense et j’y crois tellement qu’il faut que je le dise : les ateliers Sciences Po, c’est comme les télé-crochets dénicheurs de nouveaux talents ; c’est que du positif, que du bonus. Ils illustrent super bien la « philosophie des perdants » comme le disent souvent les « winners » ; à savoir : « L’important c’est de participer ». Parce que vous verrez que ces ateliers ça vous apprend des tas de choses, aussi bien scolaires, culturelles, qu’humaines. Des choses sur vous-même aussi, que vous ne soupçonniez même pas : vous apprenez qu’en vrai vous êtes un vrai gladiateur, après toutes les épreuves par lesquelles vous avez dû passer ; vous apprenez que vous êtes un vrai battant, après toutes les choses que vous avez surmontées ; vous apprenez que vous êtes méritants et vous en êtes fiers, après avoir vu votre dossier de presse rédigé au détail près sans aucune faute d’orthographe.
Moi j’ai appris des choses que jamais je n’aurais apprises si je n’avais pas participé aux ateliers : le fonctionnement politique aux Etats-Unis (avec le Congrès, les amendements de la Constitution et tout), TOUS les Partis politiques français (oui, je sais, c’est un comble pour une étudiante à Sciences Po de ne pas connaître tous les partis politiques hormis le PS et l’UMP, que Dieu me pardonne)… Vous apprenez à mieux vous organiser, à mieux gérer votre temps pour éviter de rédiger tout votre dossier de presse durant une semaine de bacs blancs… (ce qui fait mal à notre sommeil, j’ai goûté les nuits de travail jusqu’à 2H du matin voire plus aïe) Vous apprenez à prendre la parole à l’oral aussi, ce qui doit être un des centres de votre préparation… Je tiens à rassurer tout de suite les plus timides, pas besoin d’avoir un charisme de la taille du monde hein ! Si vous parlez clairement et avec conviction, c’est tout à fait honorable ! (Oh mon Dieu, mais regardez qui est en train de dire ça, c’est la moins claire en expression, la plus hésitante, la plus expressive, et la moins professionnelle des personnes à l’oral ! L’ironie…) Bon s’il le faut, entraînez-vous devant le miroir, y’a pas de quoi avoir honte, qui peut se vanter de ne jamais l’avoir fait franchement ? Je suis sûre que même les profs l’ont déjà fait… Humainement, ça m’a beaucoup apporté aussi : du courage, de la persévérance, de la volonté, un peu de confiance en moi (j’ai appris que moi aussi je pouvais faire des choses que jamais je n’aurais cru pouvoir faire) ; bon, je vais m’arrêter là sinon mon témoignage va tourner en « confessions intimes » !
Le(s) mot(s) de la fin :
Tous les slogans que je vais énoncer ne sont en aucun cas destinés à faire de la pub aux marques qui les revendiquent.
« Impossible n’est rien » : Tout le monde peut le faire, il ne faut pas se mettre des barrières, des censures, des bâtons dans les roues ; il y en a déjà trop sans que vous en rajoutiez encore ! (j’en sais quelque chose) C’est vrai qu’il y aura de durs moments - je ne vous cache pas que j’en ai connu : ces moments où l’on doute de soi comme jamais, où on ne sait pas ce qu’on fait là (ou qu’on a oublié pourquoi), où on veut abandonner (pour ma part en tout cas), où on est pétrifiés à l’idée de passer devant un jury… Ces moments, heureusement que ce sont juste des petits moments parmi pleins d’autres ! Car évidemment on n’est pas des machines, on ne peut pas tout le temps garder en tête l’objectif à atteindre ! Mais on se ressaisit vite ; les professeurs sont là pour vous rappeler que ce que vous faites là, ce n’est pas pour rien, la famille et les amis sont là pour vous rappeler à l’ordre.
« Just do it » : Rien à y perdre, tout à y gagner ! Cet atelier c’est une occasion en or que personne ne peut rater ! Même si vous ne réussissiez pas, au moins, vous l’aurez fait, et vous n’aurez pas de regrets du genre « qui sait, si je l’avais fait, ce serait peut-être moi à sa place ». Vous aurez tenté au moins, ça ne coûte rien de tenter. En plus, en le faisant on s’ouvre une porte de plus, et mieux vaut avoir l’embarras du choix que la contrainte de choisir par défaut.
« Venez comme vous êtes » : ça sert à rien de se changer pour intégrer Sciences Po, s’ils ont fait les Conventions, c’est aussi pour diversifier les élèves qui y sont… Pour chercher des gens avec des opinions, des personnalités, des horizons socio-économiques différents de ce qu’ils ont (trop) l’habitude de voir. Bien entendu aux oraux il faudra que vous vous mettiez sur votre 31, mais voyez que dans la phrase il est dit « votre ». Venez habillés classe mais à votre manière ! (voyez que pour Mr Sinet être classe c’est s’habiller en vert…)
La terminale c’est sacré : travailler c’est bien, mais profiter aussi ! Ne jamais oublier les amitiés qu’on se fait au profit des cahiers…
Il n’y a pas de bon ou de mauvais sujet : c’est l’enthousiasme et la passion que vous aurez à le traiter qui compte ! Car il ne faut pas oublier que quand on parle de quelque chose qu’on aime, forcément, on transmet son enthousiasme à notre locuteur, et ça, ça captive et ça évite d’ennuyer l’auditoire ! (merci aux professeurs pour m’avoir appris ça) Alors même si votre sujet est caractérisé d’ennuyant, ne surtout pas en tenir compte et suivre votre cœur ! Le cœur et la raison ne sont pas si incompatibles l’un avec l’autre… En plus, ça fait toujours bien de rendre un sujet à la base ennuyant intéressant croyez-moi ! (Guerre des monnaies, au début, qu’est-ce que ça sonne barbant ! Mais au fond qu’est-ce que c’est intéressant !)
Il n’y a pas de recette miracle pour y arriver : un brin de chance, une pincée de personnalité, une marmite de travail peuvent déjà faire l’affaire ! Courage à tout le monde ! Je vous passe le flambeau maintenant, à vous de ne pas éteindre la flamme avant l’arrivée !